A Antoine Guillemet.

Grand-Camp, 24 août 1881.

Mon cher Guillemet,

Tous les jours, je regarde de ma fenêtre les coups de pluie que je vois fondre sur Saint-Vaast, et je me dis: «Encore un orage pour Guillemet!»

Hein? en tombe-t-il! Nous sommes ici dans une continuelle tempête. Quel pays! et un froid de chien, et une mer glacée à vous couper le ventre! N'importe! nous ne sommes pas trop mal, et j'espère toujours que ma femme en sortira plus solide, bien que les commencements n'aient pas été fameux.

Combien je regrette votre mal aux genoux; d'abord parce que ce n'est pas drôle pour vous; et ensuite parce que cela nous a privés de votre arrivée à Grand-Camp sur un navire de l'État. Cela aurait fait rejaillir sur moi une considération extraordinaire.

Le travail ne va pas mal. Nous tâcherons de tenir le coup jusqu'à la fin de septembre. Remettez-vous vite et travaillez bien, faites-nous de la bonne peinture.

Toutes mes amitiés chez vous, et une bonne poignée de main de votre vieil ami.