Médan, 5 novembre 1881.

Mon cher Coste,

Votre lettre me trouve à Médan, où depuis mon retour de la mer je me suis enterré pour finir mon roman[40] qui paraîtra dans Le Gaulois en janvier. Je n'irai guère à Paris qu'en février et pour six semaines au plus. Actuellement je ne suis plus qu'un romancier, j'ai quitté Le Figaro et ne suis pas d'une façon effective au journal de Lanessan, contre lequel je me débats comme un beau diable pour ne pas donner d'articles. Voilà la situation.

Je serais heureux si Baille réussissait. Cela fait toujours plaisir de voir sa génération triompher. J'ai eu Paul ici pendant huit jours. Il est parti pour Aix, où il doit vous voir. Moi, malgré mon vif désir, je ne pourrai aller dans le Midi de quelque temps, et mon envie d'un bastidon, là-bas, s'est refroidie; ce qui ne m'empêche pas de vous remercier de votre offre obligeante.

Écrivez-moi dès votre retour, et si vous n'avez pas peur de la neige, venez nous voir à Médan.

Ma femme vous envoie ses bonnes amitiés, et je vous serre bien cordialement la main.


A Jules Troubat.

Médan, 5 novembre 1881.

Mon cher confrère,