Paris, 20 avril 1885.

Votre lettre me cause une bien vive joie, mon cher confrère, et j'en suis très touché, très fier, d'autant plus fier qu'il y a eu parfois quelque aigreur entre nous. Tout cela est loin, il y a toujours place pour de l'estime et de l'admiration entre travailleurs. Merci pour votre crânerie à me tendre la main, que je serre bien affectueusement.


A Charles Chincholle.

Paris, 6 juin 1885.

Mon cher confrère,

Je crains bien qu'on ne vous ait trompé, car Roybet n'est pas du tout mon héros. Vers la fin de mon roman, je dirai simplement un mot de la génération actuelle, des peintres à hôtel, opposés aux artistes passionnés et pauvres de ma jeunesse; mais ce n'est là qu'une note, le drame est ailleurs, dans le combat d'un génie incomplet avec la nature, dans la lutte d'une femme contre l'art. Ceci est passablement obscur, n'est-ce pas? C'est que je désire n'être pas plus clair, tout en vous évitant des erreurs trop grosses.

Autre malheur, je n'ai pas encore trouvé un titre dont je fusse content. Le seul possible jusqu'à présent est: L'Œuvre, et je le juge bien gris.

Il est convenu que cette lettre restera entre nous. Écrivez tout ce qu'il vous plaira, et je vous en remercie à l'avance; mais promettez-moi de me laisser en dehors de ces renseignements hâtifs, que ma conscience d'écrivain réprouve. Je désire simplement vous être agréable, à vous et à M. Magnard.

Cordialement.