Médan, 1er novembre 1885.
Merci, mon bon Guillemet, de votre poignée de main si cordiale. Je vous réponds en toute hâte, au milieu des lettres qui pleuvent chez moi et des réponses que je suis forcé de faire.
Hein? Quelle aventure bête! Mais je les crois touchés sérieusement, cette fois. Si le pauvre Germinal n'est pas joué, il aura été tout de même une fameuse pierre dans le jardin des imbéciles.
Donc, vous vous plaignez du temps, et vous n'avez pas fait grand'chose. J'en ai autant à votre service, mon roman est très en retard, je vais être forcé de rester ici jusqu'aux premiers jours de mars. Mais, à un de mes voyages à Paris, si je trouve un moment, j'irai vous serrer la main et voir vos études.
Ma femme ne va pas bien du tout. Le Mont-Dore, cette année, lui a été très défavorable. Il est à croire que je la mènerai simplement dans le Midi, l'année prochaine. Elle embrasse petit Jean[54], et envoie ses amitiés à votre femme.
Bon courage, mon ami, bonne santé, et travaillez loin des crétins: c'est le bonheur.
Cordialement à vous.
A Henry Céard.
Médan, 11 novembre 1885.