Affectueusement.
A Henry Bauer.
Médan, 19 août 1887.
Votre lettre me touche beaucoup, mon cher Bauer, et comme vous le dites, si le côté ignoble de l'article en question m'a blessé un moment, les bonnes poignées de main qui m'arrivent m'ont déjà consolé.
Vous faites allusion à de bien vilains dessous, que je m'entête à ne pas vouloir constater. Heureusement, aucun des cinq signataires n'est de mon intimité, pas un n'est venu chez moi, je ne les ai jamais rencontrés que chez Goncourt et Daudet. Cela m'a rendu leur manifeste moins dur. J'ai toujours été affamé de solitude et d'impopularité, à peine ai-je quelques amis, et je tiens à eux.
Merci à l'avance de votre article. Et, je vous en prie, ne jugez pas La Terre d'après les feuilletons, attendez le volume. Mes romans perdent tant à être fragmentés. Vous êtes bien gentil de vous souvenir de mon invitation. Je ne quitterai Médan, pour aller passer un mois à Royan, que le dimanche 28. Si vous n'êtes pas de retour avant cette époque, j'ai votre promesse, et il faudra bien que vous veniez en octobre.
Merci encore, au nom du travail et de l'honnêteté littéraire.
Affectueusement à vous.