Médan, 3 juin 1889.

Mon cher docteur,

J'ai besoin d'un renseignement pour le roman que j'écris, et je me permets de vous le demander.

Je vois que le nitre est un poison hyposthénisant. Est-ce qu'on pourrait empoisonner avec le salpêtre de nos maisons d'habitation? J'ai besoin qu'un gredin de paysan empoisonne sa femme, d'une façon lente et facile.

Puis-je lui faire prendre le salpêtre qu'il a sous la main, et en quelle quantité, et à combien de reprises.

Pardonnez-moi mon importunité, et veuillez me croire votre bien dévoué et bien cordial,


A Coste.

Médan, 15 juin 1889.

Mon vieil ami, je suis plein de honte de n'avoir pas encore répondu à votre bonne lettre du 16 avril. Il faut vous dire que j'ai été bien occupé. Et puis, vous me pardonnez, n'est-ce pas?