Mais j'en suis ravi! Voici bien des années déjà que le bon Tourguéneff, mon grand ami, m'a mis en communion d'âme avec le peuple russe, aujourd'hui notre frère. Je sais qu'on veut bien, chez vous, lire mes livres et m'aimer un peu. Aussi ai-je le grand désir que tout ce qui peut faire de la vérité sur moi y soit connu. On fait courir sur mon compte tant de laides légendes, que j'ai tout à gagner à la vérité totale, à la vérité nue.

Et c'est pourquoi je vous remercie d'avoir bien voulu faire connaître à la Russie le livre du docteur Toulouse. Il est la vérité et je l'accepte.

Croyez-moi votre bien cordial et bien dévoué.


A Jean Ajalbert.

Paris, le 5 avril 1897.

Mon cher Ajalbert,

J'ai été bien touché par votre bel et courageux article. On ne me gâte pas, et chaque fois qu'un confrère prend ma défense, je suis surpris et charmé.

La légende de ma vanité, de ma soif des honneurs, est imbécile. La décoration, je ne l'ai pas demandée, je l'ai acceptée presque de force. L'Académie, ce n'est que ma bataille littéraire portée sur un terrain d'action; et jamais je n'ai demandé la voix de personne. Plus tard, je l'espère, on se rendra compte de ma véritable attitude, si mal comprise aujourd'hui.

En attendant, un article comme le vôtre est un baume pour moi, et c'est pourquoi je vous en remercie bien fort, de tout mon cœur.