Paris, 8 octobre 1899.
Mon cher confrère,
Je suis absolument contraire aux courses de taureaux, qui sont des spectacles abominables, dont la cruauté imbécile est, pour les foules, une éducation de sang et de boue. On finira par nous faire une jolie France, à la veille du xxe siècle, si tous les braves gens ne se mettent pas en travers.
Cordialement.
A Paul Brulat.
Paris, 15 octobre 1899.
Merci de votre bonne lettre, mon cher Brulat. Vos remarques sont fort justes. Mais n'ai-je pas le droit, après quarante ans d'analyse, de finir dans un peu de synthèse? L'hypothèse, l'utopie, est un des droits du poète.
Ce dont vous souffrez, c'est de la maladie du scrupule. Faites-vous une force et une volonté: là seulement est la guérison. Au risque même d'y perdre un peu de justice, il faut savoir se décider et agir.
Quant au livre que vous voulez écrire sur moi, je tiens à ne vous influencer en rien; et c'est pourquoi je ne réponds pas à ce que vous me dites, au sujet de la lecture de mes livres et des idées qu'elle fait naître en vous.