Valabrègue est ici. Il travaille—lentement. Je crois que la maturité vient, et j'espère beaucoup en lui.
Quant à moi, j'aurais beaucoup à dire, si je voulais tout vous apprendre. J'ai quitté la librairie Hachette, le 1er février, et depuis cette époque je suis attaché à L'Évènement pour une besogne régulière: la Revue des livres. J'ai fait en outre un «Salon» qui a soulevé de grands cris. Je viens de réunir mes articles en brochure, et je vous envoie un exemplaire de l'œuvre, ainsi qu'un exemplaire d'un volume que je viens également de publier.
En somme, je me hâte, je travaille beaucoup. Je suis impatient.
Je vais maintenant tenter le théâtre.
Voilà les choses en gros. Quant aux détails, je vous les dirai à votre retour dont vous ne me parlez point, mais qui ne peut tarder. C'est un crime que de vivre loin de Paris en ces temps de fièvre et de luttes.
Je prierai Paul de vous écrire, mais je ne vous affirme pas qu'il le fera. Quant à Valabrègue, je ne le verrai que dans huit jours, lorsque je reviendrai. Il aura de vos nouvelles.
Pardonnez ma brièveté! Je n'ai pas voulu rester coupable plus longtemps, et je tâcherai de gagner mon pardon en vous écrivant plus souvent et plus longuement.
Mais surtout revenez vite.
Mille compliments de la part de tous.
A vous.