J'attends d'ailleurs une lettre de vous qui me rappelle l'engagement que je prends.
Au même.
Paris, 26 juillet 1866.
Mon cher Coste,
Je ne sais plus ce que je vous avais promis dans ma dernière lettre. En tous cas, je croyais devoir attendre votre réponse avant de vous écrire de nouveau.
Je vais vous donner les détails que vous me demandez sur nos amis et moi.
Votre dernière est arrivée chez ma mère comme j'étais encore à la campagne. Mais vous vous trompez, lorsque vous vous imaginez que nous nous contentons de Fontenay-aux-Roses. Il nous faut plus d'air et plus de liberté. Nous avons, à seize lieues de Paris, une contrée inconnue encore aux Parisiens, et nous y avons établi notre petite colonie. Notre désert est traversé par la Seine; nous y vivons en canot; nous avons pour retraite des îles désertes, noires d'ombrages. Vous voyez combien vous êtes en retard en songeant encore aux misérables bosquets, maigres, efflanqués de la Mère Cense.
Il y a trois jours, j'étais encore à Bennecourt avec Cézanne et Valabrègue. Ils y sont restés tous deux et ne reviendront qu'au commencement du mois prochain. L'endroit, je vous l'ai dit, est une véritable colonie. Nous y avons traîné Baille et Chaillan; nous vous y traînerons à votre tour.
Procédons méthodiquement.