—Fichu pays! répéta Bécu.

A ce moment, Jean parut. Il alla tout de suite donner un coup d'oeil dans le bal, comme s'il y cherchait quelqu'un. Puis, il revint, désappointé, inquiet. Depuis deux mois, il n'osait plus faire de si fréquentes visites chez Buteau, car il le sentait froid, presque hostile. Sans doute, il avait mal caché ce qu'il éprouvait pour Françoise, cette amitié croissante qui l'enfiévrait à cette heure, et le camarade s'en était aperçu. Ça devait lui déplaire, déranger des calculs.

—Bonsoir, dit Jean en s'approchant d'une table, où Fouan et Delhomme buvaient une bouteille de bière.

—Voulez-vous faire comme nous, Caporal? offrit poliment Delhomme.

Jean accepta; et, quand il eut trinqué:

—C'est drôle que Buteau ne soit pas venu.

—Justement, le voici! dit Fouan.

En effet, Buteau entrait, mais seul. Lentement, il fit le tour du cabaret, donna des poignées de main; puis, arrivé devant la table de son père et de son beau-frère, il resta debout, refusant de s'asseoir, ne voulant rien prendre.

—Lise et Françoise ne dansent donc pas? finit par demander Jean, dont la voix tremblait.

Buteau le regarda fixement, de ses petits yeux durs.