Marie, vivement, sans laisser Pierre répondre, leva la tête.
—Non, non, il défend que personne d'ici aille le voir; car, si nous étions surveillés et suivis, ce serait livrer sa retraite... N'est-ce pas, monsieur l'abbé?
—En effet, il sera prudent de vous priver de l'embrasser jusqu'à ce que lui-même puisse revenir. C'est une affaire de deux ou trois semaines.
Mère-Grand approuva tout de suite.
—Sans doute, rien n'est plus sage.
Et les trois fils n'insistèrent pas, acceptant la secrète inquiétude où ils allaient vivre, renonçant bravement à cette visite qui leur aurait causé tant de joie, puisque tel était l'ordre du père et puisque son salut peut-être en dépendait.
—Monsieur l'abbé, reprit Thomas, veuillez lui dire alors que, pendant son absence, du moment que les travaux vont être interrompus ici, je compte retourner à l'usine, où je suis plus à l'aise pour les recherches qui nous occupent.
—Et veuillez lui répéter aussi de ma part, dit François à son tour, qu'il ne se préoccupe pas de mon examen. Tout va très bien. Je crois être sûr du succès.
Pierre promit de ne rien oublier. Mais, avec un sourire, Marie regardait Antoine, qui était resté silencieux, les regards perdus.
—Et toi, petit, tu ne lui fais rien dire?