Il parla à un officier, il l'emmena devant l'église.

«Si vous m'en croyez, vous resterez ici avec moi, dit-il. C'est plein à crever, là-dedans. J'étouffais, je suis sorti.... Tenez, voici le colonel et M. Bouchard qui ont renoncé à trouver des places.» Ces messieurs, en effet, étaient là, à gauche, du côté de la rue du Cloître-Notre-Dame. M. Bouchard racontait qu'il venait de confier sa femme à M. d'Escorailles, qui avait un fauteuil excellent pour une dame.

Quant au colonel, il regrettait de ne pouvoir expliquer la cérémonie à son fils Auguste.

«J'aurais voulu lui montrer le fameux vase, dit-il.

C'est, comme vous le savez, le propre vase de Saint-Louis, un vase de cuivre damasquiné et niellé, du plus beau style persan, une antiquité du temps des croisades, qui a servi au baptême de tous nos rois.

—Vous avez vu les honneurs? demanda M-Bouchard à Du Poizat.

—Oui, répondit celui-ci. C'est Mme de Llorentz qui portait le chrémeau.» Il dut donner des détails. Le chrémeau était le bonnet de baptême. Ni l'un ni l'autre de ces messieurs ne savaient cela; ils se récrièrent. Du Poizat énuméra alors les honneurs du prince impérial, le chrémeau, le cierge, la salière, et les honneurs du parrain et de la marraine, le bassin, l'aiguière, la serviette; tous ces objets étaient portés par des dames du palais. Et il y avait encore le manteau du petit prince, un manteau superbe, extraordinaire, étalé près des fonts, sur un fauteuil.

«Comment! il n'y a pas une toute petite place?» s'écria Mme Correur, à laquelle ces détails donnaient une fièvre de curiosité.

Alors, ils lui citèrent tous les grands corps, toutes les autorités, toutes les délégations qu'ils avaient vus passer. C'était un défilé interminable: le Corps diplomatique, le Sénat, le Corps législatif, le Conseil d'État, la Cour de cassation, la Cour des comptes, la Cour impériale, les Tribunaux de commerce et de première instance, sans compter les ministres, les préfets, les maires et leurs adjoints, les académiciens, les officiers supérieurs, jusqu'à des délégués du consistoire israélite et du consistoire protestant. Et il y en avait encore, et il y en avait toujours.

«Mon Dieu! que ça doit être beau!» laissa échapper Mme Correur avec un soupir.