—Prenez la mienne, dit son père, et tenez-vous debout. Là! Elle vous prêtera son bras. Miss Linton, soyez assez bonne pour marcher avec lui jusqu'à la maison, voulez-vous? il frissonne dès que je le touche.
—Linton, mon chéri, murmura Catherine, je ne puis pas aller à Wuthering Heights, papa me l'a défendu. Il ne vous fera pas de mal: pourquoi avez-vous si peur?
—Je ne puis pas rentrer dans cette maison, répondit-il, je n'y rentrerai pas sans vous.
—Arrêtez, cria son père. Nous allons respecter les scrupules filiaux de Catherine. Nelly, ramenez mon fils et je vais m'empresser de suivre votre conseil au sujet du médecin.
—Vous ferez bien, répondis-je, mais il faut que je reste avec ma maîtresse, et m'occuper de votre fils n'est pas mon affaire.
—Eh bien alors, dit Heathcliff vous allez me forcer à m'en occuper moi-même et à le faire crier. Venez ici, mon héros! Voulez-vous rentrer en ma compagnie?
Il se rapprocha de nouveau de la fragile créature et fit mine de vouloir la saisir; mais Linton, se reculant, se cramponna à sa cousine et la supplia de l'accompagner, d'un ton passionné qui n'admettait pas le refus. Nous atteignîmes ainsi le seuil de la maison; Catherine entra et je restai à l'attendre, espérant qu'elle allait sortir après avoir installé son cousin dans un fauteuil. Mais M. Heathcliff, me poussant en avant, me cria:
—Ma maison n'est pas frappée de la peste, Nelly, et j'ai dans l'idée d'être hospitalier aujourd'hui. Asseyez-vous; et laissez-moi fermer la porte.
Il la ferma à clé. J'étais inquiète.
—Je veux que vous ayez du thé avant de rentrer, reprit-il; je suis seul ici. Hareton est parti conduire du bétail, et Zillah et Joseph font une partie de plaisir. Miss Linton, asseyez-vous près de lui. Je vous donne ce que j'ai: le présent ne vaut guère la peine d'être accepté, mais je n'ai pas autre chose à offrir. C'est Linton que je veux dire. Comme elle me regarde!