De retour dans son pays, il trouva une belle jeune fille qui lui plut; il l'épousa et vécut heureux.
REMARQUES
Ce conte a beaucoup de rapport avec un autre de nos contes, le Tailleur et le Géant (no 8). Il n'est même pas rare que l'introduction de ce no 8 se trouve jointe à des contes analogues à celui dont nous nous occupons ici. Nous mentionnerons comme offrant cette combinaison plusieurs contes allemands (Grimm, no 20; Kuhn, Mærkische Sagen, p. 289; Meier, no 37), un conte du Tyrol allemand (Zingerle, II, p. 13), un conte suisse (Sutermeister, no 30), un conte hongrois (Gaal-Stier, no 11), un conte des Tsiganes de la Bukovine (Miklosisch, no 3), un conte grec moderne d'Epire (Hahn, no 23), un conte sicilien (Gonzenbach, no 41).
L'introduction en question n'existe pas dans les contes suivants: un conte autrichien (Grimm, no 183), un conte de l'Allemagne du Nord (Müllenhoff, p. 442), un conte suisse (Sutermeister, no 41), un conte du «pays saxon» de Transylvanie (Haltrich, no 27), un conte suédois (Cavallius, p. 1), un conte norwégien (Asbjœrnsen, I, p. 45), un conte lapon (no 7 des contes traduits par M. Liebrecht dans le tome XV [1870] de la revue Germania), un conte italien de Vénétie (Widter-Wolf, no 2), un conte sicilien (Pitrè, no 83), un conte albanais (Dozon, no 3), un conte grec moderne de l'île de Tinos (Hahn, t. II, p. 211), un conte basque (Webster, p. 7).
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Le conte lorrain présente une altération assez notable du thème primitif: les voleurs sont un souvenir affaibli des géants, drakos, etc., qui figurent dans les contes étrangers. D'un autre côté, le récit a pris la tournure d'une leçon morale.
On peut aussi faire remarquer qu'un trait du thème primitif a ici une forme particulière.
Dans la plupart des contes de ce type, c'est en faisant sortir de l'eau d'une pierre,—c'est-à-dire, en réalité, du petit-lait d'un fromage mou,—que le tailleur, cordonnier, etc., donne au géant, drakos, ou autre, une haute idée de sa force. Dans plusieurs de ces contes, il veut, par cet exploit, surenchérir, si l'on peut parler ainsi, sur ce qu'a fait le géant, qui vient de broyer réellement une pierre entre ses doigts. Dans le no 20 de la collection Grimm, le géant a vraiment fait sortir de l'eau d'une pierre; mais, sous les doigts du petit tailleur, il en ruisselle en apparence bien davantage.
Dans notre conte, c'est d'un arbre qu'il s'agit de faire sortir du lait, de la sève. Comparer, dans un conte gascon (Cénac-Moncaut, p. 90), l'épisode où Juan doit, sur l'ordre de son seigneur, lancer une pierre contre un arbre de façon à le faire «saigner». Juan s'en tire en lançant un œuf contre l'arbre.