La pouillotte s'en alla près d'un chêne: «Chêne, mousse-moi, que je mousse la fontaine, que la fontaine m'abreuve, que j'abreuve le petit coucherillot, qui étrangle en grand gosillot.—Tu n'auras rien, si tu ne vas me chercher une bande.»
La pouillotte alla trouver une dame: «Madame, bandez-moi, que je bande le chêne, que le chêne me mousse, que je mousse la fontaine, que la fontaine m'abreuve, que j'abreuve le petit coucherillot, qui étrangle en grand gosillot.—Tu n'auras rien, si tu ne vas me chercher des pantoufles.»
La pouillotte entra chez le cordonnier: «Cordonnier, pantoufle-moi, que je pantoufle madame, que madame me bande, que je bande le chêne, que le chêne me mousse, que je mousse la fontaine, que la fontaine m'abreuve, que j'abreuve le petit coucherillot, qui étrangle en grand gosillot.—Tu n'auras rien, si tu ne vas me chercher des soies.»
La pouillotte alla trouver une coche[258]: «Coche, soie-moi, que je soie le cordonnier, que le cordonnier me pantoufle, que je pantoufle madame, que madame me bande, que je bande le chêne, que le chêne me mousse, que je mousse la fontaine, que la fontaine m'abreuve, que j'abreuve le petit coucherillot, qui étrangle en grand gosillot.—Tu n'auras rien, si tu ne vas me chercher de l'orge.»
La pouillotte alla près d'une gerbe: «Gerbe, orge-moi, que j'orge la coche, que la coche me soie, que je soie le cordonnier, que le cordonnier me pantoufle, que je pantoufle madame, que madame me bande, que je bande le chêne, que le chêne me mousse, que je mousse la fontaine, que la fontaine m'abreuve, que j'abreuve le petit coucherillot, qui étrangle en grand gosillot.—Tu n'auras rien, si tu ne vas me chercher le batteur.»
La pouillotte s'en alla trouver le batteur: «Batteur, bats la gerbe, que la gerbe m'orge, que j'orge la coche, que la coche me soie, que je soie le cordonnier, que le cordonnier me pantoufle, que je pantoufle madame, que madame me bande, que je bande le chêne, que le chêne me mousse, que je mousse la fontaine, que la fontaine m'abreuve, que j'abreuve le petit coucherillot, qui étrangle en grand gosillot.»
REMARQUES
Le conte s'arrête, comme on voit, brusquement. Dans la forme complète, la poule finit par avoir de l'eau, mais elle arrive trop tard auprès du coq, mort et bien mort.
Depuis la publication de notre conte lorrain dans la Romania, on nous a communiqué un conte inédit, provenant des environs de la Ferté-Gaucher (Seine-et-Marne): Le coq a donné un coup de bec à la poule. Celle-ci va trouver le cordonnier «pour qu'il lui raccommode le petit trou que le coq lui a fait». Le cordonnier n'a pas de soies. La poule va en demander au cochon. Le cochon veut avoir du son. Le meunier, avant de donner le son, veut avoir des chats pour se débarrasser des souris. La chatte ne veut donner de ses petits chats que si on lui apporte du lait. La vache demande de l'herbe. Le pré n'en veut pas donner sans avoir une herse (sic). La poule va chercher la herse, qui fauche vingt arpents d'un coup. Le conte finit là.