[107] Il faut excepter le conte du Schleswig, où les compagnons de Jean à la Barre de fer sont un casseur de pierres, un scieur de planches et un fendeur de bois (altération évidente du thème primitif, où se trouve, par exemple, un personnage qui, à coups de poing, brise des rochers); il faut excepter aussi le conte suisse de la collection Sutermeister, où les compagnons du héros sont un chasseur et un pêcheur; le premier conte du Tyrol italien (Schneller, p. 189) où Giuan dall' Urs rencontre et emmène avec lui un cordier et un boulanger, appelé Bouche de Four; le conte du Mantouan, où les deux compagnons de Giovanni dell' Orso n'ont rien de caractéristique, et le conte souabe, où les compagnons de Jean l'Ours sont un cordonnier et un tailleur qu'il a rencontrés sur la route et mis dans sa poche.

[108] Voir Sébillot, I, no 6.—L'introduction de ce conte, qui a été raconté à M. Sébillot par un matelot, a pris, en passant par la bouche des marins, une couleur toute particulière; mais les deux personnages extraordinaires que rencontre le «capitaine Pierre» sont deux des trois personnages du conte lorrain, Appuie-Montagne et Tord-Chêne.

[109] Dans un conte valaque (Schott, no 10), figurent aussi la rencontre par le héros de personnages extraordinaires, l'épisode de la maison isolée et la descente dans le puits. Les aventures du héros dans le monde inférieur sont différentes et se rapprochent principalement d'un des thèmes de notre no 5, les Fils du Pêcheur (le thème de la princesse exposée à un dragon et délivrée par le héros), thème qui, du reste, s'est, dans certains contes, joint épisodiquement au thème dont nous traitons ici.

[110] Les trois mêmes châteaux ou à peu près (verre, argent et or) figurent encore dans le conte du Tyrol italien, no 39, cité plus haut.—Rappelons aussi le conte russe de Svetozor.

[111] Dans deux variantes lorraines que nous donnerons plus loin (no 52), les princesses sont gardées par des monstres: bête à sept têtes, serpent, etc.

[112] Voir, pour ce détail et pour le trait des trois tournois, notre no 12, le Prince et son Cheval, ainsi que les remarques de ce conte.

[113] Les contes syriaques, publiés par MM. Prym et Socin en 1881, ont été recueillis de la bouche d'un chrétien jacobite, originaire du Tûr 'Abdîn, région montagneuse située au nord de la Mésopotamie, dans le district de Mardin, et habitée par des Kurdes et des Jacobites.

[114] Les Avares, peuplade d'origine mongole, de même race que les tribus de ce nom exterminées par Charlemagne, habitent le versant septentrional du Caucase. M. Ant. Schiefner a publié, en 1873, d'après des manuscrits, plusieurs contes en langue avare, auxquels il a joint une traduction allemande et des remarques fort intéressantes, dues à M. Reinhold Kœhler.

[115] Toute cette partie du conte avare se rapporte au thème de l'Homme fort (voir nos nos 46 et 69), que nous avons déjà vu se combiner avec des contes de la famille du Jean de l'Ours. Nous aurons occasion d'y revenir.

[116] Dans le conte valaque (Schott, no 10), cité plus haut en note, le nain à grande barbe arrive chevauchant «sur une moitié de lièvre».