[137] Vies des saints, par Mgr Paul Guérin (7e édition, Bar-le-Duc, 1872), au 9 janvier.
[138] Comparer plus haut, p. 68, le conte écossais de la collection Campbell.
[139] Cette introduction se retrouve dans plusieurs contes orientaux où ne figure pas l'épisode du dragon: dans un livre thibétain, provenant de l'Inde (Mélanges asiatiques, publiés par l'Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg, t. VII, p. 676), dans un conte des Tartares de la Sibérie méridionale (Radloff, t. IV, p. 477), dans un conte arabe recueilli à Mardin, an nord de la Mésopotamie (Zeitschrift der Deutschen Morgenlændischen Gesellschaft, 1882, p. 238), dans un conte de l'île de Bornéo (L. de Backer, l'Archipel indien, 1874, p. 203).—Comparer encore une légende birmane (Bastian, Die Vœlker des œstlichen Asiens, t. I, p. 27) et un conte du Cambodge (ibid., t. IV, p, 128 seq.).
[140] Dans plusieurs contes européens, les deux traits du conte persan et du conte allemand se trouvent réunis: l'un des frères mange la tête de l'oiseau et devient roi; l'autre mange le cœur, et chaque matin il trouve de l'or sous son oreiller. Voir, par exemple, un conte de la Haute-Bretagne (Sébillot, I, p. 97), un conte hessois (Grimm, III, p. 102), un conte serbe (Vouk, no 26), un conte grec moderne (Hahn, no 36), un conte tchèque de Bohême (Waldau, p. 91), un conte italien de Rome (Busk, p. 146), etc.—Il en est de même dans le conte arabe de Mardin, mentionné dans la note précédente.
[141] Comparer l'introduction d'un autre conte indien, un conte manipuri (Indian Antiquary, 1875, p. 260).—Dans le conte sibérien et dans le conte de l'île de Bornéo, indiqués plus haut, il y a également deux enfants, mais un seul oiseau: dans le conte sibérien, celui qui mange la tête de l'oiseau devient roi, et celui qui mange le cœur devient vizir.
[142] Ce qu'il y a de caractéristique dans cet épisode du conte avare se retrouve dans un conte grec moderne (Hahn, no 70), où l'histoire de la jeune fille délivrée du dragon est, comme dans le conte avare, intercalée dans un conte de la famille de notre no 1, Jean de l'Ours. Dans ce conte grec de l'île de Syra, la ville où arrive le héros dans le monde inférieur n'a qu'une seule fontaine, et dans cette fontaine est un serpent à douze têtes, auquel il faut livrer, chaque semaine, une victime humaine; après quoi, il laisse puiser de l'eau. La vieille femme chez qui loge le héros lui ayant appris la chose, il lui demande une cruche et se rend à la fontaine. Ce jour là, précisément, c'était la fille du roi qui allait être dévorée par le serpent. Le héros tue le monstre; le roi lui ayant offert la main de la princesse, il le remercie et lui demande seulement de le faire ramener sur la terre. (Voir, pour ce dernier épisode, les remarques de notre no 52, La Canne de cinq cents livres.)—Comparer deux contes, également grecs, du type des Fils du Pêcheur (Hahn, no 22; Legrand, p. 161).
[143] Ici encore nous retrouvons, mais introduit d'une autre façon dans le récit, l'objet qui doit faire connaître le sort de celui de qui on le tient. Dans un conte suédois, cité plus haut, nous avons déjà vu ce trait du lait qui devient rouge; mais le vase de lait avait été donné par un frère à son frère. Le conte indien est ici beaucoup plus naturel.
[144] M. de Gutschmid, dans les comptes rendus de l'Académie de Leipzig (1861, p. 180).
[145] Le conte portugais (Coelho, no 52) mentionné ci-dessus met un «saint Georges» en scène dans un récit analogue à ceux que nous étudions ici. Après l'histoire du poisson merveilleux et de la bête à sept têtes, tuée par Georges, celui-ci dit à son frère, qui est venu le rejoindre, que, par suite d'un vœu, il ne peut se marier; il lui donne une des têtes de la bête en lui disant de se faire passer pour lui auprès du roi. Il fait ensuite «tant d'exploits pour la patrie», et il est si vertueux, qu'il est canonisé après sa mort.
[146] Dans plusieurs des contes européens, c'est au moyen d'un cheveu que la sorcière enchaîne les animaux du jeune homme, avant de changer celui-ci en pierre. Voir, par exemple, le conte suédois (Cavallius, p. 352), le conte danois (Grundtvig, p. 315), un conte serbe (Mijatowics, p. 256), deux contes portugais (Consiglieri-Pedroso, no 11; Braga, no 48), etc.—Comparer, dans les remarques de notre no 1 Jean de l'Ours (p. 20), le passage du conte avare du Caucase et d'un conte de l'Asie centrale, où le nain s'arrache un poil de la barbe pour lier les compagnons du héros. (Dans le conte italien des Abruzzes, où la sorcière est remplacée par un magicien, c'est en jetant sur les gens un poil de sa barbe, que ce magicien les transforme en statues de marbre.)