[147] Dans un conte valaque, en partie de ce type (Schott, no 10), et dans plusieurs autres contes européens, par exemple, dans des contes grecs modernes (t. II, p. 204 et 260, de la collection Hahn), un serpent ayant été tué, un autre va chercher une certaine herbe au moyen de laquelle il lui rend la vie. Cette herbe, qui a été ramassée avec soin, sert ensuite à ressusciter le héros. Voir encore le conte allemand no 16 de la collection Grimm, et comparer la fable antique de Polyidus et Glaucus (Apollodore, III, 3, 1).—M. R. Kœhler a étudié à fond ce thème dans ses remarques sur les Lais de Marie de France (édition K. Warake, 1885, pp. CIV-CVIII).

[148] Dans le conte allemand no 60 de la collection Grimm, cité plus haut, des animaux sauvages, épargnés par les deux frères, leur donnent chacun deux de leurs petits, qui se mettent à leur suite. Comparer les contes allemands no 58 de la collection Meier et p. 337 de la collection Kuhn et Schwartz, le conte suédois de Wattuman et Wattusin, un conte du Tyrol allemand (Zingerle, II, p. 260), un conte valaque Schott, (no 10), etc.

[149] Dans le conte napolitain no 7 du Pentamerone, mentionné ci-dessus, le héros, fasciné par la beauté d'une sorte de magicienne ou de sorcière, entre dans sa maison. Alors la magicienne crie: «Enchaînez cet homme, mes cheveux!» Et ses cheveux l'enchaînent, et il devient prisonnier de la magicienne. (Comparer le conte kabyle et les contes européens où c'est au moyen d'un crin, d'un cheveu, que la sorcière enchaîne les animaux du héros.)

[150] Dans certains contes, tels qu'un conte allemand (Grimm, no 107) et deux contes hongrois (Gaal, p. 175; Erdelyi-Stier, no 10), l'introduction est celle de ce groupe; mais la suite des aventures n'est plus la même.—Un conte croate (Krauss, I, no 74), voisin de ces contes, se rapproche beaucoup plus qu'eux des contes du genre de nos Deux Soldats.

[151] Voir dans le Jahrbuch für romanische und englische Literatur, t. VI, p. 28, la traduction de ce conte.—M. H. Oesterley a montré, dans la revue la Germania (années 1864, p. 126 et 1871, p. 129), que le Libro de los Gatos n'est qu'une traduction, souvent servile, des Narrationes composées dans le dernier tiers du XIIe siècle par le moine cistercien anglais Eudes de Sherrington (Odo de Ciringtonia). Mais, dans ce que M. Oesterley a publié des Narrationes, nous n'avons pas trouvé de conte de ce genre.

[152] Dans notre variante Jacques et Pierre, le lion raconte aux autres animaux que la princesse d'Angleterre a quatre millions cachés dans un pot. (Comparer aussi le passage du conte kirghis où il est question d'un morceau d'or enfoui, et les deux contes kamaoniens résumés ci-après.)

[153] Cette expression s'explique par les idées des Hindous sur la métempsychose.

[154] Pour cet épisode de la consultation des arbitres, qui se trouve dans une fable de La Fontaine (livre X, fable II), comparer un passage du Pantchatantra, extrait de l'édition en usage chez les populations du sud de l'Inde (Th. Benfey, Pantschatantra, t. I, p. 113, seq.).

[155] Cet épisode des géants forme parfois un conte à part, par exemple dans notre no 25, le Cordonnier et les Voleurs. Voir les remarques de ce conte.—Le passage de notre conte où le petit tailleur feint d'être malade pour ne pas montrer au géant qu'il ne peut manier sa boule, est évidemment une altération; dans la forme primitive, le tailleur devait, par diverses ruses, persuader de plus en plus le géant de sa force.

[156] Comparer le conte irlandais.—Dans un conte du Cambodge, un homme, apercevant un tigre, se réfugie sur un arbre. La branche sur laquelle il s'est mis vient à rompre et il tombe à califourchon juste sur le dos du tigre. Alors c'est le tour du tigre d'avoir peur. Il s'enfuit à toutes jambes, emportant à travers champs son cavalier malgré lui. Celui-ci, de son côté, tremble si fort de frayeur que, sans le vouloir, il ne cesse d'éperonner sa monture. Et, dit le conte cambodgien, ils courent encore. (Ad. Bastian, Die Vœlker des œstlichen Asiens, t. IV, p. 122.)