[177] Ces grenouilles correspondent, on le voit, à l'oiseau dont on mange le cœur.

[178] Trois contes, l'un de la Basse-Bretagne (Koadalan, dans la Revue celtique de mai 1870), l'autre, catalan (Rondallayre, III, p. 21; comparer III, p. 103), le troisième, portugais (Braga, no 11), présentent cette même introduction, mais diffèrent ensuite complètement des contes de cette famille.

[179] Comparer, pour cet épisode des deux animaux, l'introduction d'un conte portugais du Brésil (Roméro, no 38) et celle d'un conte albanais (G. Meyer, no 5), qui se termine brusquement après la poursuite. Comparer aussi l'introduction, tout à fait du même genre, d'un conte corse intitulé le Petit Teigneux (Ortoli, p. 108), qui présente, sous une forme extrêmement altérée, une partie des thèmes dont se compose notre Prince et son Cheval.—Le service rendu aux animaux se retrouve, tout à fait sous la même forme, dans des contes orientaux. Nous citerons d'abord un conte syriaque de la Mésopotamie (Prym et Socin, no 58), sur lequel nous aurons occasion de revenir dans ces remarques. Là, un jeune prince, qu'un démon a emmené chez lui, dans le monde inférieur, ouvre, pendant l'absence de ce démon, une des chambres du château. Il y trouve un cheval et un lion: devant le cheval, il y a de la viande; devant le lion, du foin. Un autre jeune homme, que le prince a fait sortir d'un cachot où le démon le tenait enchaîné, conseille au prince de donner le foin au cheval et la viande au lion. Le prince le fait, et, par reconnaissance, le cheval ramène les deux jeunes gens à la surface de la terre.—Le même trait figure dans un conte indien d'un autre type, recueilli dans le Pandjab (Indian Antiquary, août 1881, conte no 9): Les gardiens d'une cage renfermant un oiseau dans lequel est la vie d'un djinn, sont un cheval et un chien. Devant le cheval, il y a un tas d'os; devant le chien, une botte d'herbe. Si quelqu'un donne à l'un ce qui est devant l'autre, les deux animaux le laisseront passer, par reconnaissance.—Comparer encore un passage d'un conte arabe d'Egypte (Spitta-Bey, no 11, p. 143), où les deux animaux sont un chevreau et un chien, attachés devant le palais où se trouve une certaine rose merveilleuse.

[180] Comparer un conte très particulier de cette même famille, recueilli dans le «pays saxon» de Transylvanie (Haltrich, no 15): Un jeune berger voit un jour un arbre si beau et si grand qu'il a l'idée d'y grimper. Il arrive dans un pays tout de cuivre; il casse à un arbre une branche de cuivre, puis se baigne les pieds dans une fontaine de cuivre: aussitôt ses pieds deviennent comme de cuivre. Il monte encore plus haut sur l'arbre et arrive dans un pays d'argent; là ses mains deviennent d'argent. Plus haut encore, dans un pays d'or, sa chevelure devient d'or. Il redescend sur la terre et entre comme marmiton chez le cuisinier du roi: il garde toujours ses souliers, ses gants et son chapeau et passe pour teigneux.—On serait infini si l'on voulait comparer, détail par détail, les ressemblances qui existent entre tels et tels contes de cette famille. Ainsi, dans un conte du Tyrol allemand (Zingerle, I, no 28), dont nous parlerons plus bas, le héros doit répondre à toutes les questions: «Qui sait?» comme le héros du conte petit-russien répond: «Je ne sais pas.» (Comparer le conte russe no 4 de la collection Dietrich et le conte hongrois no 8 de la collection Gaal-Stier.)

[181] Dans un conte portugais du Brésil (Roméro, no 8), il semble que l'introduction soit un souvenir affaibli de cette forme particulière. Le jeune garçon met en liberté un gros oiseau noir que son père a chez lui, et l'oiseau l'emporte dans son château, où il se fait appeler «parrain» par le jeune garçon. Suit l'histoire des chambres défendues, etc.

[182] Un conte italien, publié au XVIe siècle par Straparola (no 5 de la trad. allemande des contes proprement dits), présente une introduction presque identique à celle du conte danois. Une flèche d'or, dont l'«homme des bois» a l'adresse de s'emparer, remplace la boule d'or.—Le reste de ce conte ne se rapporte pas aux contes que nous étudions ici.

[183] Comparer l'épisode d'un conte syriaque (Prym et Socin, no 39), analysé dans les remarques de notre no 1 Jean de l'Ours. Le héros se couvre la tête d'une vessie, afin d'avoir l'air chauve et de ne pas être reconnu.

[184] Dans le conte danois de la collection Grundtvig, dans le conte hongrois, dans un conte sicilien (Gonzenbach, no 61) et dans les contes du Brésil, il est aussi question, nous l'avons vu, de gibier.—Dans un passage très altéré d'un conte sicilien (Gonzenbach, no 67), il est parlé, comme dans le récit cambodgien, d'oreille et de nez coupés par le héros. Dans le romance espagnol cité plus haut (p. 144), on a vu que Juanillo coupe une oreille à ses frères.

[185] Il est très remarquable que les contes allemand et grec moderne de ce groupe, cités plus haut, ont également ici un juif.

[186] Ce petit détail se retrouve dans le conte allemand.