[187] Dans un conte tchèque de cette famille, résumé dans les remarques des contes lithuaniens de la collection Leskien (pp. 539-540), le héros s'est revêtu de la peau d'un ours, et il entre au service d'un roi comme jardinier. La princesse, quand elle est pour se choisir un mari, prend l'ours, dans lequel elle a reconnu un beau jeune homme. Elle est mise à la porte du château et vit avec son mari dans une caverne de la forêt.

[188] M. Kœhler, dans ses remarques sur le conte sicilien no 61 de la collection Gonzenbach, cite un conte russe dans lequel c'est aussi contre un petit doigt du pied, puis de la main, et contre une lanière sanglante taillée dans leur dos que les beaux-frères du héros reçoivent de lui trois animaux merveilleux qu'ils étaient allés chercher.

[189] Il y a ici une lacune, qu'indiquent bien le conte swahili et le conte cambodgien. Avant d'ouvrir la chambre aux ossements, le jeune homme a dû ouvrir une chambre dans laquelle se trouve une fontaine d'or et y tremper le doigt, qui devient tout doré et qu'il enveloppe ensuite d'un linge. C'est ce trait qui fait lien avec les contes européens du type du conte lorrain, et particulièrement avec ceux où le jeune homme a été, avant sa naissance, promis à quelque être malfaisant.

[190] Il se trouve, dans le conte swahili, un passage tout à fait du même genre. Cette ressemblance dans tous ces détails montre bien l'origine indienne du conte swahili, mieux conservé sur certains points que le conte kamaonien.

[191] Comme dans le conte kamaonien, les sept femmes du roi n'avaient pas eu d'enfants jusqu'au jour où un vieux fakir dit au roi de leur donner du fruit d'un certain arbre. (A la différence du conte kamaonien, du conte swahili et d'un certain nombre de contes européens de cette famille mentionnés plus haut, le fakir ne se fait pas promettre un des enfants qui doivent naître.) Le roi rapporte sept fruits de l'arbre; mais six de ses femmes mangent tout, et la plus jeune ne trouve plus qu'un noyau; elle le mange, et le fils qu'elle met au monde a la forme d'un singe.

[192] Cette dernière partie se rattache à un thème que M. Th. Benfey a étudiée dans son Introduction au Pantchatantra, § 92, et dont nous parlerons dans les remarques de notre no 63, le Loup blanc.

[193] Dans le conte autrichien de la collection Vernaleken et dans le conte italien de Sora, cité plus haut, la princesse remarque également le chant du garçon jardinier.

[194] Comparer la pomme d'or ou la boule d'or du conte lorrain et d'autres contes européens.

[195] Il y a ici une altération. Dans les contes européens, d'un côté, et, de l'autre, dans le récit cambodgien ainsi que dans le conte arabe d'Egypte et dans le poème des Tartares de Sibérie, ce n'est pas pour satisfaire leur faim et leur soif que les beaux-frères du héros se laissent marquer ou mutiler par ce dernier; c'est pour obtenir qu'il leur cède différentes choses demandées par le roi (parfois du gibier). Donc, à la source commune d'où tous ces récits sont dérivés, c'est-à-dire dans l'Inde, il a dû exister, il existe sans doute encore un conte présentant cette forme.

[196] Dans tous les autres contes de cette famille où se rencontre ce thème, c'est, comme dans notre conte, au fond des eaux que le héros est prisonnier.