—L'empreinte est nette, il y a du grésil tout autour. La nuit dernière, vers minuit, je suis sorti pour fermer les portes: il tombait du grésil … il n'y en a pas sur la trace; donc elle a été faite depuis.

—C'est juste, Sperver; mais elle peut avoir été faite beaucoup plus tard: à huit ou neuf heures, par exemple.

—Non, regarde, elle est couverte de verglas. Il ne tombe de brouillard qu'au petit jour…. La vieille est passée depuis le grésil … avant le verglas … de trois à quatre heures du matin.»

J'étais émerveillé de la perspicacité de Sperver.

Il se releva, frappant ses mains l'une contre l'autre, pour en détacher la neige, et, me regardant d'un air rêveur, il ajouta, comme se parlant à lui-même:

«Mettons, au plus tard, cinq heures du matin…. Il est bien midi, n'est-ce pas, Fritz?

—Midi moins un quart.

—Bon! la vieille a sept heures d'avance sur nous. Il nous faudra suivre, pas à pas, tout le chemin qu'elle a fait… A cheval, nous pouvons la gagner d'une heure sur deux; et, supposé qu'elle marche toujours, à sept ou huit heures du soir, nous la tenons… En route, Fritz, en route!»

Nous repartîmes, suivant les traces… Elles nous guidaient droit vers la montagne.

Tout en galopant, Sperver me disait: