—Après vous, maître Becker … après vous.»

Nous traversons le vestibule, et je découvre, au fond d'une petite salle propre et bien aérée, une table confortablement servie, et, près de la table, une jeune personne fraîche, gracieuse, les joues enluminées du vermillon de la pudeur.

«Monsieur Kasper Hâas!» dit le vénérable tabellion.

Je m'incline.

«Ma fille Lothe!» ajoute le brave homme.

Et tandis que je sens se réveiller en moi mes vieilles inclinations d'artiste, que j'admire le petit nez rose, les lèvres purpurines, les grands yeux bleus de mademoiselle Lothe, sa taille légère, ses petites mains potelées, maître Becker m'invite à prendre place, disant qu'il m'attendait, que mon arrivée était prévue, et qu'avant d'entamer les affaires sérieuses, il était bon de se refaire un peu de la route … de se rafraîchir d'un verre de bordeaux, etc.; toutes choses dont j'appréciai la justesse et que j'acceptai de grand coeur.

Nous prenons donc place. Nous causons de la belle nature. Je fais mes réflexions sur le vieux papa…. Je suppute ce qu'un tabellion peut gagner à Lauterbach.

«Mademoiselle, me ferez-vous la grâce d'accepter une aile de poulet?

—Monsieur, vous êtes bien bon…. Avec plaisir.»

Lothe baisse les yeux…. Je remplis son verre … elle y trempe ses lèvres roses … le papa est joyeux…. Il cause de chasse … de pêche: