Au bout d'un instant, Hâan, qui tenait Foux par la bride, pour l'empêcher de secouer la tête, dit:
«Comme c'est juste! C'est pourtant ainsi que chantent les enfants de la vieille Allemagne. Allez donc ailleurs....
—Chut!» fit Kobus. Le vieux lied recommençait en s'éloignant, et la même voix s'élevait toujours plus haute, plus touchante que les autres; à la fin, un frémissement de feuillage la couvrit.
«C'est beau, ces vieilles chansons, dit le percepteur en remontant sur la voiture.
—Mais où sommes-nous donc? lui demanda Fritz tout pâle.
—Près de la roche des Tourterelles, à vingt minutes au-dessus de ta ferme, répondit Hâan en se rasseyant et fouettant le cheval, qui repartit.»
«C'était la voix de Sûzel, pensa Kobus, je le savais bien!»
Une fois hors du bois, Foux se mit à galoper: il sentait l'écurie. Hâan, tout joyeux de prendre sa chope le soir, parlait des talents de la vieille Allemagne, des vieux lieds, des anciens minnesingers. Kobus ne l'écoutait pas, sa pensée était ailleurs; ils avaient déjà dépassé la porte de Hildebrandt, les lumières, brillant dans toutes les maisons de la grande rue, avaient frappé ses yeux sans qu'il les vit, lorsque la voiture s'arrêta.
«Eh bien! vieux, tu peux descendre, te voilà devant ta porte», lui dit Hâan.
Il regarda et descendit.