—Mayel et moi, dit la petite, nous faisons quelquefois deux ou trois tours dans la cuisine pour nous amuser.»

Alors les gens penchés autour d'eux se mirent à rire, et l'autre anabaptiste s'écria:

«Christel, à quoi penses-tu donc?... Est-ce que les filles ont besoin d'apprendre à valser?... est-ce que cela ne leur vient pas tout seul? Ha! ha! ha!»

Fritz, sachant que Sûzel n'avait jamais dansé qu'avec lui, sentait comme de bonnes odeurs lui monter au nez; il aurait voulu chanter, mais se contenant:

«Tout cela, dit-il, n'est que le commencement de la fête. C'est maintenant que nous allons nous en donner! Vous resterez avec nous, père Christel; Hâan et Schoultz sont aussi là-bas, nous allons danser jusqu'au soir, et nous souperons ensemble au Mouton-d'Or.

—Ça, dit Christel, sauf votre respect, monsieur Kobus, et malgré tout le plaisir que j'aurais à rester, je ne puis le prendre sur moi; il faut que je parte... et je venais justement chercher Sûzel.

—Chercher Sûzel?

—Oui, monsieur Kobus.

—Et pourquoi?

—Parce que l'ouvrage presse à la maison; nous sommes au temps des récoltes... le vent peut tourner du jour au lendemain. C'est déjà beaucoup d'avoir perdu deux jours dans cette saison; mais je ne m'en fais pas de reproche, car il est dit: "Honore ton père et ta mère!" Et de venir voir sa mère deux ou trois fois l'an, ce n'est pas trop. Maintenant, il faut partir. Et puis, la semaine dernière, à Hunebourg, vous m'avez tellement réjoui, que je ne suis rentré que vers dix heures. Si je restais, ma femme croirait que je prends de mauvaises habitudes; elle serait inquiète.»