«Voici M. Kobus!

—Oui... oui... c'est moi, fit-il en montant quatre à quatre.

—Ah! monsieur Kobus, s'écria la vieille en joignant les mains, quelles inquiétudes vous m'avez données!

—Comment, Katel, est-ce que je ne t'avais pas prévenue, en venant chercher les ouvriers, que je serais absent quelques jours?

—Oui, monsieur, mais c'est égal... d'être seule à la maison... de faire la cuisine pour une seule personne....

—Sans doute... sans doute... je comprends ça... je me suis dérangé; mais une fois tous les quinze ans, ce n'est pas trop. Allons, me voilà revenu... tu vas faire la cuisine pour nous deux. Et maintenant, Katel, laisse-moi, il faut que je me change, je suis tout en sueur.

—Oui, monsieur, dépêchez-vous, on attrape si vite un coup d'air.»

Fritz entra dans sa chambre, et refermant la porte, il s'écria: «Nous y voilà donc!» Il n'était plus le même homme. Tout en tirant les rideaux, en se lavant, en changeant de linge et d'habits, il riait et se disait:

«Hé! hé! Hé! je vais donc me refaire du bon sang, je vais donc pouvoir rire encore! Ces bœufs, ces vaches, ces poules de la ferme m'avaient rendu mélancolique.»

Et le grand Schoultz, le percepteur Hâan, le vieux rebbe David, la brasserie du Grand-Cerf, la vieille cour de la synagogue, la halle, la place du marché, toute la ville lui repassait devant les yeux, comme des figures de lanterne magique.