Je m’assis sur la paille, les mains autour des genoux, dans un abattement incroyable…
Presqu’au même instant, j’entendis Schlüssel traverser le corridor; il rouvrit le violon et me dit de le suivre. Il était toujours assisté des deux casse-tête; aussi j’emboîtai le pas résolûment.
Nous traversâmes de longues galeries, éclairées, de distance en distance, par quelques fenêtres intérieures. J’aperçus derrière une grille le fameux Jic-Jack, qui devait être exécuté le lendemain. Il portait la camisole de force et chantait d’une voix rauque:
«Je suis le roi de ces montagnes!»
En me voyant, il cria:
«Eh! camarade, je te garde une place à ma droite.»
Les deux agents de police et le dieu Hibou se regardèrent en souriant, tandis que la chair de poule s’étendait le long de mon dos.
III
Schlüssel me poussa dans une haute salle très sombre, garnie de bancs en hémicycle. L’aspect de cette salle déserte, ses deux hautes fenêtres grillées, son Christ de vieux chêne bruni, les bras étendus, la tête douloureusement inclinée sur l’épaule, m’inspira je ne sais quelle crainte religieuse d’accord avec ma situation actuelle, et mes lèvres s’agitèrent, murmurant une prière.
Depuis longtemps, je n’avais pas prié, mais le malheur nous ramène toujours à des pensées de soumission…L’homme est si peu de chose!