Près du puits se trouvaient les deux juges, Van Spreckdal et Richter. A leurs pieds gisait la vieille femme, couchée sur le dos…ses longs cheveux gris épars…la face bleue…les yeux démesurément ouverts… et la langue prise entre les dents.

C’était un spectacle horrible!

«Eh bien! me dit Van Spreckdal d’un accent solennel, qu’avez-vous à dire?»

Je ne répondis pas.

«Reconnaissez-vous avoir jeté cette femme, Thérésa Becker, dans ce puits, après l’avoir étranglée pour lui voler son argent?»

«Non, m’écriai-je, non! Je ne connais pas cette femme, je ne l’ai jamais vue. Que Dieu me soit en aide!»

«Cela suffit,» répliqua-t-il d’une voix sèche.

Et, sans ajouter un mot, il sortit rapidement avec son confrère.

Les agents crurent alors devoir me mettre les menottes. On me reconduisit à la Raspelhaus, dans un état de stupidité profonde. Je ne savais plus que penser…ma conscience elle-même se troublait: je me demandais si je n’avais pas assassiné la vieille femme!

Aux yeux de mes gardiens, j’étais condamné.