«C’est moi, monsieur.»
Il s’inclina de nouveau, ajoutant:
«Le baron Frédéric Van Spreckdal.»
L’apparition, dans mon pauvre taudis, du riche amateur Van Spreckdal, juge au tribunal criminel, m’impressionna vivement. Je ne pus m’empêcher de jeter un coup d’œil dérobé sur mes vieux meubles vermoulus, sur mes tapisseries humides et sur mon plancher poudreux. Je me sentais humilié d’un tel délabrement… Mais Van Spreckdal ne parut pas faire attention à ces détails, et s’asseyant devant ma petite table:
«Maître Vénius, reprit-il, je viens…»
Mais, au même instant, ses yeux s’arrêtèrent sur l’esquisse inachevée… il ne termina point sa phrase. Je m’étais assis au bord du grabat, et l’attention subite que ce personnage accordait à l’une de mes productions, faisait battre mon cœur d’une appréhension indéfinissable.
Au bout d’une minute, Van Spreckdal levant la tête:
«Êtes-vous l’auteur de cette esquisse?» me dit-il le regard attentif.
«Oui, monsieur.»
«Quel en est le prix?»