Je restai stupéfait quelques secondes.

Le souvenir de toutes les avanies que m’avait infligées cet individu, son regard cupide, son sourire impudent, tout m’exaspérait. D’un seul bond je le saisis, et le repoussant des deux mains hors de la chambre, je lui aplatis le nez avec la porte.

Cela se fit avec le cric-crac et la rapidité d’une tabatière à surprises.

Mais dehors le vieil usurier poussa des cris d’aigle:

«Mon argent! voleur! mon argent!»

Les locataires sortaient de chez eux et demandaient:

«Qu’y a-t-il donc? Qu’est-ce qui se passe?»

Je rouvris brusquement la porte, et dépêchant, dans l’échine de maître Rap, un coup de pied qui le fit rouler plus de vingt marches:

«Voilà ce qui se passe!» m’écriai-je hors de moi. Puis je refermai la porte à double tour, tandis que les éclats de rire des voisins saluaient maître Rap au passage.

J’étais content de moi, je me frottais les mains…Cette aventure m’avait remis en verve, je repris l’ouvrage et j’allais terminer l’esquisse lorsqu’un bruit inusité frappa mes oreilles.