Des crosses de fusil se posaient sur le pavé de la rue… Je regardai par ma fenêtre et je vis trois gendarmes, la carabine au pied, le chapeau à claque de travers, en faction à la porte d’entrée.
«Ce scélérat de Rap se serait-il cassé quelque chose?» me dis-je avec effroi.
Et voyez l’étrange bizarrerie de l’esprit humain: moi qui voulait la veille me couper la gorge, je frémis jusqu’à la moelle des os, en pensant qu’on pourrait bien me pendre, si Rap était mort.
L’escalier s’emplissait de rumeurs confuses… C’était une marée montante de pas sourds, de cliquetis d’armes, de paroles brèves.
Tout à coup on essaya d’ouvrir ma porte. Elle était fermée!
Alors ce fut une clameur générale.
«Au nom de la loi….ouvrez!»
Je me levai, tremblant, les jambes vacillantes…
«Ouvrez!» reprit la même voix.
Voyant que la fuite était impossible, je m’approchai de la porte en chancelant, et je fis jouer la serrure.