Deux poings s’abattirent aussitôt sur mon collet. Un petit homme trapu qui sentait le vin, me dit:
«Je vous arrête!»
Il portait une redingote vert bouteille, boutonnée jusqu’au menton, un chapeau en tuyau de poêle…il avait de gros favoris bruns… des bagues à tous les doigts, et s’appelait Passauf…
C’était le chef de la police.
Cinq têtes de bouledogue, à petite casquette plate, le nez en canon de pistolet, la mâchoire inférieure débordant en crocs, m’observaient du dehors.
«Que voulez-vous?» demandai-je à Passauf.
«Descendez,» s’écria-t-il brusquement en faisant signe à l’un de ses hommes de m’empoigner.
Celui-ci m’entraîna plus mort que vif, pendant que les autres bouleversaient ma chambre de fond en comble.
Je descendis, soutenu sous les bras, comme un phtisique à sa troisième période…les cheveux épars sur la figure, et trébuchant à chaque pas.
On me jeta dans un fiacre, entre deux vigoureux gaillards, qui me laissèrent voir charitablement le bout de deux casse-tête, retenus au poignet par un cordon de cuir…puis la voiture partit.