«Descends, Fritzel, il faut la laisser pleurer sans gêne.»

Mais comme j'allais descendre, elle étendit la main, et me retint en murmurant quelques paroles. L'oncle Jacob la comprit et lui demanda:

«Vous voulez embrasser l'enfant?

-- Oui,» fit-elle.

Il me pencha sur sa figure; elle m'embrassa en sanglotant toujours. Moi, je m'étais mis aussi à pleurer.

«C'est bon, fit l'oncle, c'est bon. Il vous faut maintenant du calme, madame; il faut tâcher de dormir, la santé vous reviendra... Vous reverrez votre jeune frère... Du courage!»

Il m'emmena dehors et referma les rideaux.

Le mauser se promenait de long en large[1] dans la salle; il avait la figure rouge et dit:

«Ça, monsieur le docteur, c'est une brave femme, une honnête femme... qu'elle soit républicaine ou tout ce qu'on voudra[2]... celui qui penserait le contraire ne serait qu'un gueux.

--Oui, répondit l'oncle, c'est une nature généreuse, je l'ai reconnu tout de suite à sa figure. Il est heureux que Fritzel se soit rappelé l'enfant. La pauvre femme avait une grande inquiétude. Je comprends maintenant pourquoi ce nom de Jean revenait toujours dans son délire. Tout ira mieux, mauser, tout ira mieux, les larmes soulagent.»