Je reprenais le chemin du village, quand Hans Aden, Frantz Sépel et deux ou trois autres débouchèrent d'entre les haies couvertes de givre.
«Tiens! c'est toi, Fritzel! me dit Hans Aden; tu t'en vas?
--Oui, je viens de glisser, et l'oncle Jacob ne veut pas que je glisse; j'aime mieux m'en aller.
--Moi, dit Frantz Sépel, j'ai fendu mon sabot sur la glace ce matin, et mon père l'a raccommodé. Voyez un peu.»[4]
Il défit son sabot et nous le montra. Le père Frantz Sépel avait mis une bande de tôle en travers avec quatre gros clous à tête pointue. Cela nous fit rire, et Frantz Sépel s'écria:
«Ça, ce n'est pas commode pour glisser! Écoutez, allons plutôt en traîneau; nous monterons sur l'Altenberg, et nous descendrons comme le vent.
--Oui, dit Hans Aden; mais comment avoir un traîneau?
--Laissez-moi faire,» répondit Frantz Sépel, le plus malin de nous tous.
Et toute la troupe se remettait en route. De temps en temps on regardait Scipio, qui marchait près de moi.
«Vous avez un beau chien, faisait Hans Aden, c'est un chien français; ils ont de la laine comme les moutons et se laissent tondre sans rien dire.»