Frantz Sépel soutenait qu'il avait vu l'année précédente, à la foire de Kaiserslautern, un chien français avec des lunettes et qui comptait sur un tambour jusqu'à cent. Il devinait aussi toutes sortes de choses, et la grand'mère Anne pensait que ce devait être un sorcier.

Nous allions donc ainsi, de maison en maison, et deux heures sonnaient à l'église, lorsque M. Richter passa sur son traîneau, en criant à sa grande bique décharnée:

«Allez, Charlotte, allez!»

La pauvre bête allongeait ses hanches,[1] et M. Richter contre son ordinaire, paraissait tout joyeux. En passant devant la maison du boucher Sépel, il cria:

«Bonne nouvelle, Sépel, bonne nouvelle!»

Il faisait claquer son fouet, et Hans Aden dit:

«M. Richter est un peu gris; il aura[2] trouvé quelque part du vin qui ne lui coûtait rien.»

Alors toute la bande rit de bon coeur, car tout le village savait que Richter était un avare.

Nous étions arrivés au bout de la grand'rue,[3] devant la maison du père[4] Adam Schmitt, un vieux soldat de Frédéric II,[1] qui recevait une petite pension pour acheter son pain et son tabac, et de temps en temps du schnaps.[2]

Adam Schmitt avait fait la guerre de Sept ans[3] et toutes les campagnes de Silésie et de Poméranie. Maintenant il était tout vieux, et il vivait seul dans la dernière maison du village, une petite maison n'ayant qu'une seule pièce en bas, une au-dessus et le toit avec ses deux lucarnes.