L'oncle, lui, se promenait de long en large, et de temps en temps il toussait tout bas en redoublant de marcher.
Madame Thérèse, toujours active, malgré sa tristesse et ses yeux rouges, avait ouvert l'armoire du vieux linge, et se[3] taillait, dans de la grosse toile, une espèce de sac à doubles bretelles pour mettre ses effets de route.
Lisbeth étant venue vers midi mettre la nappe, l'oncle s'arrêta et lui dit:
«Tu feras cuire un petit jambon pour demain matin; madame Thérèse part.»
Et comme la vieille servante le regardait toute saisie:
«Les Prussiens la réclament, dit-il d'une voix enrouée; ils ont la force pour eux... il faut obéir.»
Alors Lisbeth déposa ses assiettes au bord de la table et, nous regardant l'un après l'autre, elle releva son bonnet sur sa tête, comme si cette nouvelle avait pu le déranger, puis elle dit:
«Madame Thérèse part... ça n'est pas possible... je ne croirai jamais cela.
--Il le faut, ma pauvre Lisbeth, répondit madame Thérèse tristement, il le faut, je suis prisonnière... on vient me chercher.
--Les Prussiens?