« Tiens, Fritzel, voilà du beau miel pour la dame française. Le miel en rayon est tout ce qu’on peut souhaiter de mieux pour des malades ; c’est d’abord plus appétissant, et puis c’est plus frais et plus sain. »

J’avais déjà posé l’argent au bord de la table, et Berbel étendait la main d’un air content pour le prendre ; mais le mauser me le rendit :

« Non, fit-il, non, je ne veux pas être payé de cela ; mets cet argent dans ta poche, Fritzel, et prends l’assiette. Laisse ton écuelle ici ; je vous la rapporterai ce soir ou demain matin. »

Et comme la vieille semblait fâchée, il ajouta :

« Tu diras à la dame française, Fritzel, que c’est le mauser qui lui fait présent de ce miel, avec plaisir, entends-tu… de bien bon cœur… car c’est une femme respectable… N’oublie pas de dire « respectable » tu m’entends ?

— Oui, mauser, je dirai ça. Bonjour, Berbel », dis-je en ouvrant la porte.

Elle me répondit en inclinant la tête brusquement ; cette vieille avare ne voulait rien dire, à cause de l’oncle Jacob ; mais de voir partir le miel sans argent, cela lui paraissait bien dur.

Le mauser me reconduisit jusque dehors, et je retournai chez nous, bien content de ce qui venait d’arriver.

CHAPITRE XI

Au coin de l’église, je rencontrai le petit Hans Aden, qui revenait de glisser sur le guévoir ; il s’en retournait, les mains dans les poches jusqu’aux coudes, et me cria :