— Pierre Ronsart ; c’est un homme grand, brun, les cheveux noirs.

— Ah ! je le connais bien, je le connais dit madame Thérèse, il était capitaine dans notre bataillon l’année dernière ; comment ! ce pauvre Ronsart est prisonnier ? Est-ce que sa blessure est dangereuse ?

— Non, Feuerbach m’a dit qu’il en reviendra ; mais il faudra quelque temps », répondit l’oncle.

Puis, souriant, d’un air fin, les yeux plissés :

« Oui, oui, fit-il, voilà ce que le commandant m’a raconté. Mais il m’a dit bien d’autres choses encore, des choses… des choses intéressantes… extraordinaires… et dont je ne me serais jamais douté…

— Et quoi donc, monsieur le docteur ?

— Ah ! cela m’a bien étonné, fit l’oncle en serrant le tabac dans sa pipe du bout de son doigt et tirant une grosse bouffée les yeux en l’air, bien étonné…! et pourtant pas trop… non, pas trop… car des idées pareilles m’étaient venues quelquefois.

— Mais quoi donc, monsieur Jacob ? fit madame Thérèse d’un air surpris.

— Ah ! il m’a parlé d’une certaine citoyenne Thérèse, d’une espèce de Cornélia, connue de toute l’armée de la Moselle, et que les soldats appellent tout bonnement la Citoyenne ! Hé ! hé ! hé ! il paraît que cette citoyenne-là ne manque pas d’un certain courage ! »

Et se tournant vers Lisbeth et moi :