« Ne craignez rien, monsieur le docteur, je suis bien, très bien ; vos bonnes nouvelles d’hier m’ont rendu la santé. Voyez vous-même ?… »

Il lui prit la main en silence et compta le pouls d’un air rêveur ; puis son front s’éclaircit, et d’un ton joyeux il s’écria :

« Plus de fièvre ! Ah ! maintenant, maintenant tout va bien ! Mais il faut encore de la prudence, encore de la prudence. »

Et se reculant, il se mit à rire comme un enfant, regardant sa malade qui lui souriait aussi :

« Telle je vous ai vue la première fois, dit-il lentement, telle je vous revois, madame Thérèse. Ah ! nous avons eu du bonheur, bien du bonheur !

— C’est vous qui m’avez sauvé la vie, monsieur Jacob », dit-elle, les yeux pleins de larmes.

Mais hochant la tête et levant la main :

« Non, fit-il, non, c’est celui qui conserve tout et qui anime tout, c’est celui-là seul qui vous a sauvée ; car il ne veut pas que les grandes et belles natures périssent toutes ; il veut qu’il en reste pour donner l’exemple aux autres. Allons, allons, qu’il en soit remercié ! »

Puis changeant de voix et de figure, il s’écria :

« Réjouissons-nous !… réjouissons-nous !… Voilà ce que j’appelle un beau jour ! »