« Ainsi, votre maître et la prisonnière sont partis ensemble ce matin ? disait l’officier.
— Oui, monsieur le commandant, répondit Lisbeth.
— A quelle heure ?
— Entre cinq et six heures, monsieur le commandant ; il faisait encore nuit ; j’ai moi-même accroché la lanterne au traîneau.
— Vous aviez donc reçu l’avis de notre arrivée ? » dit l’officier en lui lançant un coup d’œil perçant.
Lisbeth regarda le mauser, qui sortit du cercle et répondit pour elle sans gêne.
« Sauf votre respect, j’ai vu le docteur Jacob hier soir ; c’est un de mes amis… Cette pauvre vieille ne sait rien… Depuis longtemps le docteur était las de la Française, il avait envie de s’en débarrasser, et quand il a vu qu’elle pouvait supporter le voyage, il a profité du premier moment.
— Mais comment ne les avons-nous pas rencontrés sur la route ? s’écria le Prussien en regardant le mauser de la tête aux pieds.
— Hé ! vous aurez pris le chemin de la vallée, le docteur aura passé par le Waldeck et la montagne ; il y a plus d’un chemin pour aller à Kaiserslautern. »
L’officier, sans répondre, sauta de son cheval, il entra dans notre chambre, poussa la porte de la cuisine et fit semblant de regarder à droite et à gauche ; puis il ressortit et dit en se remettant en selle :