« Scipio ! »
Dans le même instant, Scipio, que j’avais oublié chez nous, tout effaré, tout crotté, sautait dans la voiture.
Aussitôt petit Jean s’écria :
« Voici Scipio ! »
Et le brave caniche, après avoir passé deux ou trois fois ses grosses moustaches sur les joues de madame Thérèse, bondit à terre et se mit à danser autour de petit Jean, aboyant, poussant des cris et se démenant comme un bienheureux. Tout le bataillon l’appelait :
« Scipio, ici !… Scipio !… Scipio ! »
L’oncle venait de m’apercevoir et me tendait les bras du haut de son cheval. Je m’accrochai à sa jambe, il me leva et m’embrassa ; je sentis qu’il pleurait et cela m’attendrit. Il me tendit ensuite à madame Thérèse, qui m’attira dans sa charrette en me disant :
« Bonjour, Fritzel. »
Elle paraissait bien heureuse et m’embrassait les larmes aux yeux.
Presque aussitôt le mauser et Koffel arrivèrent, donnant des poignées de main à l’oncle ; puis les autres gens du village, pêle-mêle avec les soldats, qui remettaient aux hommes leurs sacs et leurs fusils pour les porter en triomphe, et qui criaient aux femmes :