L’oncle ressortit, bouleversé, en disant :

« Lisbeth, vite, vite, monte là-haut… dans l’armoire… la fiole grise à bouchon de verre… Dépêche-toi ! »

Et il rentra.

Lisbeth courait ; moi je me tenais à la basque de l’oncle. Le chien grondait, la femme était étendue comme morte.

La vieille servante revint avec la fiole ; l’oncle regarda et dit d’une voix brève : « C’est cela, une cuiller. »

Je courus chercher ma cuiller ; il l’essuya, versa quelques gouttes dedans, puis, relevant la tête de la femme, il lui fit prendre ce qu’il y avait mis, en disant avec une douceur extrême :

« Allons, allons, du courage, mon enfant… du courage… »

Je ne l’avais jamais entendu parler d’une voix si douce, si tendre ; mon cœur en était serré.

La femme soupira doucement, et l’oncle l’étendit sur le lit en relevant l’oreiller. Après quoi, il ressortit tout pâle et nous dit :

« Allez dormir, laissez-moi seul… je veillerai.