« Oncle, elle parle peut-être du petit tambour qui était avec les Républicains. »
Aussitôt la pauvre femme voulut se retourner :
« Oui… oui… fit-elle, Jean… mon frère !
— Restez tranquille, madame, dit l’oncle, ne faites pas de mouvement ; votre blessure pourrait se rouvrir. Mauser, approchez la chaise. »
Et me prenant sous les bras, il m’éleva devant elle en me disant :
« Raconte à madame ce que tu sais, Fritzel. Tu te rappelles le petit tambour ?
— Oh ! oui ; le matin de la bataille, il était couché sous notre hangar, le chien sur ses pieds ; il dormait, je me le rappelle bien ! lui répondis-je tout troublé, car la femme me regardait alors jusqu’au fond de l’âme, comme elle avait regardé l’oncle.
— Et ensuite, Fritzel ?
— Ensuite, il était avec les autres tambours, au milieu du bataillon, quand les Croates sont arrivés. Et tout à la fin, quand on a mis le feu dans la rue, et que les Républicains sont partis, je l’ai revu derrière.
— Blessé ? fit la femme d’une voix si faible, qu’on pouvait à peine l’entendre.