— Oh ! non ; il avait son tambour sur l’épaule et pleurait en marchant, et un autre plus grand lui disait : « Allons, courage, petit Jean, courage ! » Mais il n’avait pas l’air d’entendre… il avait les joues toutes mouillées.

— Tu es bien sûr de l’avoir vu s’en aller, Fritzel ? demanda l’oncle.

— Oui, mon oncle : il me faisait de la peine ; je l’ai regardé jusqu’au bout du village. »

Alors la femme referma les yeux, et nous entendîmes qu’elle sanglotait intérieurement. Des larmes lui coulaient le long des joues, l’une après l’autre, sans bruit. C’était bien triste, et l’oncle me dit tout bas :

« Descends, Fritzel, il faut la laisser pleurer sans gêne. »

Mais comme j’allais descendre, elle étendit la main et me retint en murmurant quelques paroles. L’oncle Jacob la comprit et lui demanda :

« Vous voulez embrasser l’enfant ?

— Oui », fit-elle.

Il me pencha sur sa figure ; elle m’embrassa en sanglotant toujours. Moi, je m’étais mis aussi à pleurer.

« C’est bon, fit l’oncle, c’est bon. Il vous faut maintenant du calme, madame ; il faut tâcher de dormir, la santé vous reviendra… Vous reverrez votre jeune frère… Du courage ! »