— Oui, père Adam, c’est le chien de la femme que nous avons chez nous.
— Ah bon ! ça doit être un chien de soldat ; il doit connaître l’exercice. »
Scipio nous regardait le nez en l’air, et le père Schmitt, retirant la pipe de ses lèvres, dit :
« C’est un chien de régiment ; il ressemble au vieux Michel, que nous avions en Silésie. »
Alors, élevant la pipe, il s’écria : « Portez armes ! » d’une voix si forte, que toute la baraque en retentit.
Mais quelle ne fut pas ma surprise, de voir Scipio s’asseoir sur son derrière, les pattes de devant pendantes, et se tenir comme un véritable soldat !
« Ha ! ha ! ha ! s’écria le vieux Schmitt, je le savais bien ! »
Tous les camarades étaient revenus ; les uns regardaient par la porte entrouverte, les autres par la fenêtre. Scipio ne bougeait pas, et le père Schmitt, aussi joyeux qu’il avait paru grave auparavant, lui dit :
« Attention au commandement de marche ! » Puis, imitant le bruit du tambour, et marchant en arrière sur ses gros sabots, il se mit à crier :
« Arche ! Pan… pan… rantanplan… Une… deusse… Une… deusse ! »