— Oui, monsieur le docteur, répondit-elle, je le sais, car vous êtes un homme juste, et nous ne voulons que la justice.
— Tâchez d’oublier tout cela, dit encore l’oncle Jacob ; il ne vous faut plus maintenant que du repos pour être en bonne santé.
— Je tâcherai, monsieur le docteur. »
Alors nous sortîmes de l’alcôve, et l’oncle, nous regardant tout rêveur, dit :
« Voilà bientôt dix heures, allons nous coucher, il est temps. »
Il reconduisit Koffel et le mauser dehors, et poussa le verrou comme à l’ordinaire. Moi, je grimpais déjà l’escalier.
Cette nuit-là, j’entendis l’oncle se promener longtemps dans sa chambre ; il allait et venait d’un pas lent et grave, comme un homme qui réfléchit. Enfin, tout bruit cessa, et je m’endormis à la grâce de Dieu.
CHAPITRE X
Le lendemain, lorsque je m’éveillai, la neige encombrait mes petites fenêtres ; il en tombait encore tellement qu’on ne voyait pas la maison en face. Dehors tintaient les clochettes du traîneau de l’oncle Jacob, son cheval « Rappel » hennissait ; mais aucun autre bruit ne s’entendait, tous les gens du village ayant eu soin de fermer leurs portes.
Je pensai qu’il fallait quelque chose d’extraordinaire pour décider l’oncle à se mettre en route par un temps pareil, et, m’étant habillé, je descendis bien vite savoir ce que cela pouvait être.