—Tu vas voir, attends un peu, répondit Pinard avec un sourire triomphant.

En effet, cinq minutes ne s'étaient pas écoulées que le pas de la jeune fille retentit légèrement au dehors, et qu'elle apparut sur le seuil de la chambre portant de l'une de ses mains mignonnes deux bouteilles pleines et de l'autre deux verres vides. Elle s'approcha doucement, déposa le tout avec précaution sur la table, et se retira ensuite dans l'angle de la pièce le plus éloigné des buveurs.

—Eh bien! dit Pinard en attirant à lui l'une des bouteilles qu'il déboucha, et dont il versa le contenu dans les deux verres; eh bien! comment la trouves-tu dressée? Lui ai-je appris à faire convenablement le service et à se rendre utile en société!

—Elle n'est donc plus folle? demanda Diégo en baissant la voix.

—Folle! elle l'est plus que jamais, au contraire!

—Mais si elle était privée de raison, elle ne te comprendrait pas.

—Bah! je lui ai parlé un langage que la brute elle-même entend parfaitement, dit Pinard en désignant de la main une grosse corde pendue à la muraille.

—Tu la bats?

—Tiens! il faut bien lui faire son éducation. D'ailleurs, elle ne comprend que cela! Parle-lui, tu vas voir.

Diégo se leva et se dirigea vers la jeune fille. Lui prenant les mains, il l'attira vers lui: