Boishardy et Keinec saisirent Marcof et l'entraînèrent malgré lui. En ce moment le combat recommença. Fleur-de-Chêne soutint bravement le choc. Il avait deux cents hommes avec lui, et il avait choisi les meilleurs soldats et les gars les plus déterminés du placis.

Les sans-culottes reculèrent; mais les soldats républicains les soutinrent. Alors une tuerie épouvantable ensanglanta la porte de la ville. Après une heure d'efforts surhumains, Fleur-de-Chêne, blessé, donna l'ordre de la retraite. Il avait perdu un quart de son monde.

Les chouans, à un signal donné, se dispersèrent tout à coup, et, mettant l'obscurité à profit, s'élancèrent dans la campagne. L'officier bleu qui avait pris le commandement des troupes, n'osa pas les poursuivre. Il craignait d'aventurer ses hommes, connaissant par expérience les ruses royalistes. Pendant ce temps, Pinard était transporté sans connaissance dans la maison du proconsul.

Quant à Marcof, à Boishardy, à Philippe, à Yvonne et à leurs compagnons, ils avaient atteint Saint-Étienne. La mission du marin était accomplie; il avait sauvé son frère. Seul Keinec était triste et sombre.


[ÉPILOGUE]

[MADEMOISELLE DE FOUGUERAY]


[I]

[ALGÉSIRAS]