—Et l'autre manière? fit observer Diégo en souriant.

—Cela n'empêchera pas.

—C'est juste! nous irons plus vite.

Carrier alors communiqua à son tour à ses trois amis le plan qu'il avait conçu, plan qui non seulement avait été approuvé par la Convention, mais encore avait été honorablement mentionné au procès-verbal de la séance.

En comprenant que l'eau et le feu allaient venir en aide à la guillotine, et activer les moyens connus jusqu'alors d'exterminer les honnêtes gens, les farouches patriotes poussèrent des hurlements de joie. Il fut convenu que Carrier et Diégo, Angélique et Hermosa assisteraient à cinq heures à la mitraillade, et à sept heures aux noyades. Deux premières représentations en un seul jour! Quel plaisir!

Pinard devait être le principal metteur en scène. Il dirigerait le feu et assisterait à l'œuvre des charpentiers lorsqu'ils feraient couler le navire. Puis on s'occupa minutieusement des moindres détails de cette double opération.

Trois heures sonnaient à la cathédrale lorsque la conférence se termina. Diégo, en sa qualité d'envoyé du Comité de salut public de Paris, avait prévenu Pinard qu'il l'accompagnerait pour assister aux dispositions que le sans-culotte allait prendre à l'occasion de la double fête du soir. Pinard et ses amis s'étaient donc éloignés en prévenant Diégo qu'il les retrouverait devant le corps de garde de la compagnie Marat. L'Italien et le proconsul restèrent seuls de nouveau.

—J'ai encore à te parler, dit Fougueray en s'asseyant.

—Qu'est-ce donc? demanda Carrier.

—Il s'agit d'une affaire importante.