—J'ai envoyé à Quimper chercher un médecin, fit-il en s'adressant à son maître.
—Un médecin, non! Dans aucun cas je ne veux le voir; Jocelyn, je le défends!
—Mais, monseigneur.
—Assez! Je l'ordonne! c'est un prêtre que je veux! Oh! un prêtre! un prêtre!
—Le recteur de Fouesnan va venir.
—Je ne puis plus attendre. Ah! les douleurs me reprennent! Ah! Seigneur Dieu! que je souffre, que je...
Le marquis se renversa sur son lit. Une seconde crise, plus forte que la première, venait de s'emparer de lui. Jocelyn essaya de lui glisser un peu du breuvage dans la gorge en desserrant les dents à l'aide d'une lame de couteau. Il ne put y parvenir. L'air sifflait dans cette gorge aride qui ne pouvait plus avaler. Le calme revint. Le marquis balbutia quelques mots:
—Le portrait de mon père! le portrait! demanda-t-il d'une façon inintelligible.
Mais comme du geste il désignait le cadre appendu à la muraille, en face du lit, Jocelyn devina. Il décrocha la toile et s'approcha. Puis il souleva le tableau dans ses deux mains, et, le plaçant en lumière, il le présenta à son maître.
Le marquis fit un effort suprême. Il parvint à se soulever à demi. Il contempla le portrait pendant quelques secondes.